Pourquoi le vibe coding dérange autant?

Depuis quelque temps on voit une nouvelle expression, le « vibe coding ».

Le vibe coding désigne l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle générative pour produire du code à partir d’instructions en langage naturel.

VibeCoding — Crée par OpenAI

Alors, l’humain formule l’objectif les contraintes, etc. Et la machine génère le code source pour l’application.

Quelques exemples d’outils: Cursor, Claude Code, GitHub Copilot, OpenAI Codex, Replit Ghostwriter et Windsurf.

C’est une expression à double sens!

Dans un sens positif, elle décrit l’utilisation de l’IA pour créer du logiciel plus rapidement.

Mais dans le sens négatif, elle sert à désigner quelqu’un qui produit du code sans réellement comprendre ce qu’il fait, comme un enfant qui fait un barbouillage sur un mur.


Les avantages

La vitesse est spectaculaire. Application créée en quelques minutes. Les tâches répétitives peuvent être éliminées!

Il n’y a plus de barrière à l’entrée. Une personne seule peut réaliser un projet sans équipe.

Pour les développeurs expérimentés, l’effet est formidable. Plus d’itérations, plus d’expérimentation, ils deviennent plus de productif.

Les limites

Ce que j’ai observé est que le code est inégal, souvent des erreurs, par exemple, le programme fonctionne, mais ne produit pas le bon résultat malgré tout, j’ai vu beaucoup de vulnérabilités, puisque, par défaut, l’outil ne fait pas de validation d’entrées ou de gestion d’authentification complète.

Donc, le logiciel peut fonctionner en surface, mais planter aussitôt qu’on s’en sert pour vrai.

Les outils IA ne comprennent pas les sous‑entendus, les tabous organisationnels, les limites implicites de notre domaine ou les sensibilités humaines propres à un secteur.

Pour demander à une IA de produire du bon code, il faut être extrêmement précis sur ce que l’on veut.

Le problème est que, bien souvent, nous ne comprenons pas nous‑mêmes parfaitement ce que nous demandons.

Les systèmes logiciels sont devenus tellement vastes et la logique tellement complexe qu’il est facile de ne pas saisir toutes les implications de nos demandes ni les impacts réels du code générés.

On se retrouve alors dans une roue qui tourne, le code est produit à grande vitesse, nous ne le comprenons pas toujours complètement et nous ajoutons sans cesse de nouvelles fonctions ou corrections. Chaque ajout augmente encore la complexité du système.


Pourquoi les réactions sont si fortes

Certains développeurs vivent cette vague comme une dévalorisation. Ils ont investi des années à maîtriser des architectures et des concepts. Voir une machine produire du code en quelques secondes heurte l’identité professionnelle.

D’autres annoncent la fin de la programmation. C’est pour moi une extrapolation émotive.

D’après moi, les programmeurs ne disparaîtront pas. Leur rôle se déplace vers l’architecture, la gouvernance, la sécurité, la compréhension profonde des besoins, etc.

Le vrai déplacement de valeur

Des outils comme Claude Code réduisent fortement la rareté du travail syntaxique et d’implémentation, écrire du code, mémoriser des API ou résoudre des détails techniques.

Lorsque cette partie devient abondante, la valeur se déplace vers ce qui reste rare.

Ce qui devient rare n’est plus l’écriture du code, mais la capacité de définir correctement un problème, concevoir une architecture, intégrer plusieurs systèmes et assurer le fonctionnement en production.

Trois types d’expertise deviennent plus précieux.

  • Les architectes et penseurs stratégiques capables de décider quoi construire.
  • Les intégrateurs et opérateurs qui font fonctionner les systèmes réels de manière fiable.
  • Les experts d’affaires capables de transformer leur connaissance d’un domaine en logiciel pratique et utile.

Autrement dit, l’IA ne remplace pas les meilleurs. Elle augmente la valeur de ceux qui possèdent une pensée systémique, une capacité de décomposition des problèmes et un jugement critique.

Le nouveau goulot d’étranglement

Avec l’IA, qui augmente massivement la production de code, elle ne rend pas nécessairement les équipes plus rapides.

Lorsque générer du code devient facile, les équipes produisent simplement plus de pulls requests, plus de fonctionnalités et plus d’expérimentations.

Mais le travail critique reste ailleurs, relire le code, vérifier sa qualité, l’intégrer dans des systèmes existants, le tester, le déployer et le maintenir en production.

Le goulot d’étranglement se déplace donc vers l’organisationnel. Le code est abondant, mais l’attention des développeurs seniors, la revue de qualité et l’intégration dans des systèmes réels restent rares.

Cela crée des risques comme la fatigue des équipes, accumulation de dette technique et incidents en production.

C’est pour cela que le volume de code créé n’est plus un indicateur pertinent de productivité. (Il n’aurait jamais dû être un indicateur)

Les métriques qui comptent deviennent plutôt la fréquence de déploiement, le taux d’échec des changements, la fiabilité en production et la capacité de livrer de la valeur sans augmenter la complexité du système.


C’est quoi le SaaSapocalypse?

Dans un article de TechCrunch, un fondateur cité par TechCrunch a envoyé un message à son investisseur pour lui annoncer qu’il remplaçait toute son équipe de service à la clientèle par Claude Code.

L’investisseur Lex Zhao, du fonds One Way Ventures, y a vu un signal beaucoup plus large, si un agent peut remplacer une équipe entière pour certaines tâches, cela remet en question le rôle des logiciels SaaS traditionnels et la logique d’acheter des outils comme Salesforce plutôt que de construire ses propres solutions.

La décision « build versus buy » change. La création de logiciels devient si accessible que construire à l’interne redevient une option crédible face à des géants comme Salesforce.

Le modèle SaaS de facturer par utilisateur est directement menacé. Si un agent peut faire le travail de plusieurs employés, la logique du prix par siège n’est plus bonne.

Le SaaS reposait sur des revenus récurrents prévisibles et de fortes marges. Si les agents deviennent l’interface principale avec les systèmes, la valeur pourrait migrer du logiciel vers l’orchestration intelligente.

Les marchés réagissent violemment à chaque lancement d’outil IA avancé. Certains parlent de « SaaSpocalypse ».

En réalité, il s’agit probablement d’un changement de modèle d’affaires combiné à une surréaction des marchés.


Analogie

L’automobile a remplacé le cheval comme méthode de transport. Elle n’a pas supprimé le besoin de se déplacer.

Pour moi, le vibe coding pourrait suivre la même trajectoire, la valeur ne disparaît pas. Elle se déplace.

Le vibe coding n’est ni la fin des programmeurs ni une illusion passagère. C’est une transformation profonde de la manière dont le logiciel est créé.

Maintenant la question est de savoir qui saura redéfinir sa valeur dans ce nouvel environnement.


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